Élections 2026 : une journée de vote sous surveillance
Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures et doivent rester accessibles jusqu’à 19 heures. À 15 heures, le taux de participation national atteignait 21 %, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur. À midi, il était de 11,34 %.
Dans l’ensemble, les autorités ont présenté le déroulement du scrutin comme normal. Mais plusieurs incidents ont été rapportés au fil de la journée, faisant apparaître des difficultés ponctuelles dans certains bureaux et alimentant les interrogations sur le respect des règles électorales.
Bulletins de vote : une enquête ouverte à Tanger
L’un des incidents les plus importants signalés ce mercredi concerne Tanger. Le parquet a confirmé l’interpellation d’un individu dans la cour d’un établissement scolaire abritant un bureau de vote, après la découverte d’un sac contenant des bulletins électoraux.
Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer l’origine de ces bulletins et les circonstances exactes de leur présence sur les lieux. Les investigations étant toujours en cours, il n’est pas possible à ce stade de tirer une conclusion définitive sur une éventuelle tentative de fraude.
Dans le même contexte, le parquet de Tanger enquête également sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant une urne transparente contenant plusieurs enveloppes blanches. Le bureau concerné est le numéro 84, installé à l’école Al Qods. Là encore, l’enquête doit permettre d’établir la réalité des faits et leur portée juridique.
Des plaintes et des accusations d’irrégularités
Plusieurs formations politiques ont également fait état de problèmes au cours de la journée. À Tiflet, l’alliance de gauche a annoncé avoir déposé une plainte auprès des services de sécurité après avoir observé une voiture transportant plusieurs personnes à proximité d’un bureau de vote. Le regroupement demande que les circonstances soient vérifiées.
À Kénitra, un bureau de vote aurait par ailleurs cessé d’accueillir les électeurs pendant plus d’une heure au moment du déjeuner, leur demandant de revenir ultérieurement. Ce fait a été rapporté dans le suivi en direct du scrutin et devra être distingué d’une éventuelle irrégularité électorale établie.
À Rabat, des journalistes ont également fait état de difficultés d’accès à certains bureaux de vote, tandis qu’un incident concernant l’accès à un bureau a été signalé autour du vote d’Abdelilah Benkirane.
Qu’en est-il de la fraude et de la corruption électorale ?
La question de la fraude électorale et de l’achat de voix figure parmi les préoccupations soulevées autour du scrutin. Toutefois, les éléments disponibles ce mercredi ne permettent pas d’affirmer que des opérations généralisées d’achat de voix ou de fraude ont été établies à l’échelle nationale.
Avant même le jour du vote, la Présidence du Ministère public avait annoncé l’enregistrement de 93 plaintes électorales entre le 21 août et le 15 septembre. Parmi celles-ci, sept concernaient des pratiques visant à influencer le vote par des cadeaux, des donations, des promesses ou des dons administratifs au profit de collectivités ou de groupes de citoyens.
Les autorités judiciaires avaient également recensé des plaintes concernant la diffusion de fausses informations, de documents falsifiés ou altérés, ainsi que différentes pratiques liées aux réseaux sociaux et aux outils numériques.
Achat de voix : ce que disent les autorités
L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption avait rappelé avant le scrutin que le choix de l’électeur devait rester libre et indépendant, sans pression ni contrepartie. Elle avait également publié un guide destiné à informer les électeurs sur leurs droits, leurs obligations et les moyens de signaler d’éventuelles irrégularités.
Les plaintes relatives aux cadeaux, promesses ou dons destinés à influencer le vote montrent que cette question fait bien partie des pratiques surveillées par les autorités judiciaires. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de conclure à une pratique généralisée dans l’ensemble du pays.
Une journée électorale encore en cours
À ce stade, le scrutin n’est pas encore terminé et les résultats ne sont pas connus. Les opérations de vote doivent se poursuivre jusqu’à 19 heures, avant le début du dépouillement.
Les incidents signalés aujourd’hui feront l’objet de vérifications par les autorités compétentes. À Tanger notamment, les enquêtes judiciaires devront déterminer si les faits observés correspondent à des irrégularités électorales et, le cas échéant, quelles suites leur seront données.
Le Conseil national des droits de l’homme doit pour sa part présenter ses premières conclusions sur l’observation des élections le jeudi 24 septembre à Rabat. Ces observations pourront apporter un éclairage supplémentaire sur le déroulement du scrutin et les éventuelles difficultés constatées sur le terrain.

