NVIDIA au Maroc : deux projets d’infrastructures IA
Le premier projet s’inscrit dans le programme de développement de Cassava Technologies, partenaire cloud de NVIDIA en Afrique. Le programme prévoit le déploiement d’infrastructures de calcul accéléré dans plusieurs pays africains, dont le Maroc.
Selon NVIDIA, ce programme pourrait représenter jusqu’à 720 millions de dollars d’investissement à l’échelle des différents marchés concernés. L’objectif est de rapprocher les capacités de calcul des entreprises, développeurs et chercheurs africains afin de leur permettre d’entraîner, d’adapter et de déployer des modèles d’intelligence artificielle localement.
Une Nexus AI Factory de 1,2 milliard de dollars
Le deuxième projet est la Nexus AI Factory, développée par Nexus Core Systems dans la région de Casablanca. NVIDIA indique un investissement initial de 1,2 milliard de dollars et une capacité cible pouvant atteindre 500 MW.
L’infrastructure doit utiliser les systèmes de calcul accéléré NVIDIA Blackwell. Elle devrait également s’appuyer sur des sources d’énergie renouvelable fournies par TAQA Morocco.
Il convient toutefois de préciser que les 500 MW correspondent à une capacité prévue à terme et non à une capacité immédiatement disponible. Le projet est encore dans une phase progressive de mise en œuvre.
Un projet qui dépasse les seuls data centers
Au Maroc, le développement de ces infrastructures s’inscrit dans une stratégie plus large autour de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique.
Les premières phases annoncées par les autorités marocaines prévoient notamment une capacité de 16 MW à Nouaceur, puis une extension de 20 MW. L’objectif annoncé est d’atteindre une capacité cumulée de 36 MW à fin 2027, avec un investissement total de 12 milliards de dirhams pour ces deux premières phases.
Le projet Nexus prévoit également un volet consacré au calcul haute performance, au développement des compétences et à l’innovation. L’ambition est ainsi de créer un environnement permettant aux entreprises, chercheurs et développeurs d’accéder à des capacités de calcul adaptées aux nouveaux usages de l’IA.
Pourquoi le Maroc attire les infrastructures d’IA ?
Le développement de ces projets intervient alors que le Maroc cherche à renforcer ses infrastructures numériques et à développer une filière nationale de l’intelligence artificielle.
La feuille de route « AI Made in Morocco » prévoit notamment le développement de compétences, d’infrastructures de données, d’outils logiciels et d’un environnement favorable à la recherche et à l’innovation dans le domaine de l’IA.
Le pays bénéficie également d’une position géographique permettant de relier les marchés africains et européens, tandis que le développement des infrastructures énergétiques et numériques constitue un autre élément important pour les projets nécessitant de grandes capacités de calcul.
NVIDIA au Maroc : vers une nouvelle étape pour l’IA
La confirmation de ces deux projets marque une nouvelle étape dans le développement des infrastructures d’intelligence artificielle au Maroc. Pour NVIDIA, l’enjeu est notamment d’étendre l’accès au calcul accéléré sur le continent africain.
Dans une publication récente, le groupe américain indique que l’Afrique représente environ 18 % de la population mondiale, mais dispose de moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données. NVIDIA estime que plusieurs « AI factories » sont actuellement annoncées ou mises en service sur le continent, avec de nouvelles capacités prévues dans les prochaines années.
Pour le Maroc, ces investissements placent donc les infrastructures de calcul au cœur de la stratégie de développement de l’intelligence artificielle, avec des enjeux qui concernent à la fois les entreprises, la recherche, les compétences et la souveraineté numérique.

