Les prix des légumes au Maroc repartent à la hausse au début du mois d’octobre. Cette évolution concerne notamment les marchés de gros, où les prix des pommes de terre, des oignons et des tomates ont augmenté.
Selon des professionnels du secteur, cette hausse s’explique principalement par une période de transition entre les saisons agricoles. Les augmentations observées varient entre un et trois dirhams selon les produits.
À Meknès, le professionnel du marché de gros Hicham Meknassi indique que le prix de la pomme de terre « Kiko » a atteint 5,50 dirhams le kilogramme, contre 4,50 dirhams auparavant.
Par ailleurs, le prix des oignons atteint environ 5 dirhams. Les tomates ont, quant à elles, enregistré une hausse pouvant atteindre 3 dirhams. Le prix des poivrons varie désormais entre 5 et 8 dirhams.
Cette situation serait liée à la baisse de l’offre agricole disponible sur les marchés. En effet, la production de la région du Gharb, qui approvisionne actuellement une grande partie du marché national, arrive progressivement à la fin de sa saison.
Selon le même professionnel, le rythme de production dans cette région aurait diminué de près de 80 %. Cette baisse de l’offre contribue ainsi à la pression actuelle sur les prix des légumes.
Toutefois, une amélioration pourrait intervenir prochainement. La production de la région de Souss devrait commencer à alimenter davantage les marchés dans les prochains jours, selon les professionnels cités par Hespress.
Cette nouvelle offre pourrait arriver progressivement dans un délai d’environ une semaine à dix jours. Elle devrait contribuer à réduire le déficit actuel et à favoriser un retour progressif des prix vers leurs niveaux habituels.
De son côté, Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits des consommateurs, souligne que les prix des légumes connaissent régulièrement des fluctuations. Selon lui, ces variations sont notamment liées à la fin de certaines récoltes durant la saison automnale.
En outre, le responsable associatif pointe les difficultés liées aux circuits de distribution. Il estime que la multiplication des intermédiaires et des spéculateurs peut contribuer à augmenter les prix entre le producteur et le consommateur.
Il évoque également le risque de stockage de certains produits de base, notamment les pommes de terre, afin de les revendre à des prix plus élevés lorsque l’offre diminue.
Face à cette situation, Ali Chtour appelle le prochain gouvernement à renforcer l’organisation des circuits de distribution. Il propose notamment la création de structures capables d’acheter directement les produits agricoles auprès des agriculteurs et de les commercialiser sur les marchés de gros avec une marge encadrée.
Selon lui, une telle organisation permettrait de réduire le nombre d’intermédiaires et de limiter leur impact sur les prix. Il appelle également à mieux encadrer la vente au détail, où les prix peuvent connaître de nouvelles augmentations.
Enfin, le responsable associatif estime que l’agriculteur et le consommateur restent les principales victimes de cette situation. Le premier supporte des coûts de production importants, tandis que le second subit directement l’impact des hausses sur son pouvoir d’achat.
À cela s’ajoute, selon lui, l’impact des prix des carburants sur les coûts de transport et de distribution. Il rappelle par ailleurs l’existence de la loi n° 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence et estime que les règles de concurrence doivent être appliquées de manière équitable.
Pour les professionnels du secteur, la période actuelle reste donc transitoire. L’arrivée prochaine des productions de Souss pourrait toutefois contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés et à favoriser une baisse progressive des prix des légumes.

