Réseaux sociaux au Maroc : entre débat et désinformation
Intitulée « Plateformes de réseaux sociaux et communication politique : entre impact et risques de désinformation », l’étude analyse la place croissante des plateformes numériques dans le débat public marocain.
La HACA souligne que les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’expression et d’échange, mais qu’ils peuvent également favoriser la désinformation, la manipulation algorithmique et la polarisation politique.
L’étude revient également sur différentes formes de mobilisation citoyenne ayant contribué, au Maroc comme à l’étranger, à transformer les réseaux sociaux en véritables espaces publics numériques.
Réseaux sociaux au Maroc : la question des algorithmes
Pour Narjiss Raghay, présidente du groupe de travail consacré à la régulation et aux médias numériques, les pratiques démocratiques sur les plateformes sociales soulèvent de nouvelles questions liées à la qualité du dialogue public.
Elle met notamment en garde contre une « démocratie soumise aux algorithmes », en raison du manque de transparence entourant le fonctionnement de certaines plateformes et de la concentration du pouvoir entre les mains des grandes entreprises technologiques.
La HACA insiste sur l’éducation aux médias numériques
Face à ces enjeux, l’étude met en avant plusieurs pistes, notamment le renforcement de la transparence, l’éducation aux médias numériques et la diversification des sources d’information.
L’objectif est de permettre aux citoyens de mieux comprendre les mécanismes qui influencent la circulation des contenus et les échanges politiques sur Internet.
Les partis politiques marocains face aux réseaux sociaux
Une partie importante de l’étude porte sur la présence numérique de 12 partis politiques représentés au Parlement. La HACA a analysé leur activité sur Facebook, X, YouTube et TikTok, ainsi que sur leurs sites internet officiels.
Les données étudiées couvrent la période allant de janvier à mai 2026. Cette période a été retenue afin d’observer la dynamique numérique des formations politiques en dehors du pic d’une campagne électorale.
Plus de 5 000 contenus analysés sur plusieurs plateformes
Sur Facebook, les 12 partis étudiés ont publié au total 2 651 publications. Sur TikTok, 6 partis ont publié 925 vidéos, tandis que 5 partis ont diffusé 507 vidéos sur YouTube.
Sur X, quatre partis ont publié au total 1 012 contenus durant la période étudiée. Ces chiffres permettent à la HACA d’observer les différences d’usage entre les principales plateformes numériques.
Des usages différents selon les plateformes
Selon l’étude, Facebook conserve une place importante dans la diffusion des idées et le rapprochement avec les citoyens. TikTok se distingue par sa capacité à toucher rapidement les jeunes générations.
YouTube offre davantage de possibilités pour développer des contenus explicatifs et narratifs, tandis que X se caractérise par la rapidité de circulation des messages dans l’espace médiatique.
Les sites internet des partis conservent, pour leur part, une fonction davantage institutionnelle et officielle, avec une attractivité jugée plus limitée auprès du public.
Vers une régulation du paysage numérique
La HACA estime que l’impact des réseaux sociaux dépend également de la capacité des institutions, de la société civile et des citoyens à promouvoir une culture numérique responsable.
La question de la régulation apparaît ainsi au cœur des conclusions de l’étude, avec la nécessité de trouver un équilibre entre protection des droits individuels, transparence, innovation et ouverture numérique.
À travers cette étude, la HACA entend ainsi contribuer à la réflexion sur l’évolution de la communication politique à l’ère des plateformes numériques et sur les conditions nécessaires à un débat public mieux informé.

