Pakistan : l’état d’urgence décrété dans le fief d’Imran Khan

0

Le Pakistan a décrété l’état d’urgence dimanche 11 octobre 2026 dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, au nord du pays, après des manifestations marquées par des violences et des émeutes. Cette décision intervient dans un contexte de contestation des conditions économiques et de demandes de libération de l’ancien Premier ministre Imran Khan, emprisonné depuis 2023.

Pakistan : l’état d’urgence dans le fief d’Imran Khan

La présidence pakistanaise a annoncé le recours à l’état d’urgence dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, considérée comme un bastion du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), dirigé par Imran Khan. Le mouvement contrôle les institutions locales de cette région.

La décision s’appuie sur les articles 232 et 234 de la Constitution. Elle prévoit la suspension du fonctionnement du gouvernement provincial et le transfert de l’administration au gouverneur, assisté d’un conseil consultatif.

Le gouvernement central justifie cette mesure par la dégradation de la situation sécuritaire et ce qu’il présente comme une insuffisance de l’action des autorités provinciales dans la lutte contre le terrorisme.

Pakistan : des responsables du parti d’Imran Khan arrêtés

Selon Junaid Akbar, responsable du PTI, le chef du gouvernement provincial, Sohail Afridi, ainsi que le dirigeant du parti dans la province ont été arrêtés dimanche. Aucune réaction officielle du gouvernement provincial n’avait été communiquée au moment de la publication de l’information.

Le président du PTI, Gohar Ali Khan, a dénoncé une décision qu’il considère comme antidémocratique et dangereuse sur le plan politique. Le parti estime que cette mesure porte atteinte aux droits de la population et à son choix politique.

Des manifestations contre les conditions économiques et la détention d’Imran Khan

Les tensions se sont accentuées après plusieurs rassemblements organisés par des partisans d’Imran Khan dans différentes villes et localités de Khyber Pakhtunkhwa. Les manifestants réclament notamment la libération de l’ancien Premier ministre, détenu depuis 2023.

Âgé de 73 ans, Imran Khan fait face à plusieurs accusations, notamment de corruption et d’incitation à la violence. Lui-même et son équipe juridique rejettent ces accusations et affirment que les poursuites sont motivées par des considérations politiques.

Le mécontentement de ses partisans est également lié aux restrictions qu’ils dénoncent concernant l’accès de l’ancien dirigeant aux soins médicaux et les contacts avec sa famille. Les négociations entre le gouvernement et le PTI ont échoué le 4 octobre, notamment en raison de désaccords sur les conditions de sécurité dans la province.

Pakistan et Afghanistan : des tensions régionales persistantes

La crise politique intervient alors que les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan restent tendues. Islamabad accuse des groupes armés opérant depuis le territoire afghan d’être responsables de la hausse des attaques dans les provinces de Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan. Les autorités talibanes nient toute implication et accusent, de leur côté, le Pakistan de viser des civils.

Les tensions ont donné lieu à des affrontements armés et à des frappes aériennes pakistanaises en Afghanistan. Selon les chiffres des Nations unies cités dans le reportage de l’AFP, ces frappes ont fait au moins dix morts parmi les civils, dont une majorité d’enfants.

Malgré un accord de cessez-le-feu conclu en mars, les efforts de médiation n’ont pas permis de parvenir à un règlement durable. L’évolution de la situation politique dans le nord du Pakistan pourrait ainsi peser sur un contexte régional déjà marqué par l’instabilité sécuritaire.

Restez informé de l’essentiel

Ne manquez rien de l'actualité

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.