Le conflit d’intérêt en toute transparence… grammaticale

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« Je connais le deux tiers des hommes d’affaires marocains », affirme Aziz Akhannouch. Une phrase, deux fautes : une faute de français, et une faute démocratique.
Car ce “le deux tiers”, au-delà du dérapage de la langue, c’est un lapsus politique qui dit le fond de la pensée. Il dénonce une vision singulière du pouvoir. Une vision du pouvoir réduite au projet du club privé. Le réseau dans lequel on gouverne entre amis, pour amis, pour les siens entre les siens, sans croiser le grand public.
Là où il aurait fallu dire les deux tiers, pluriel comme le peuple, on entend un bloc unique : le marché, les amis, les intérêts.
Le chef du gouvernement ne cache plus ses liens avec les puissants. Il les revendique comme une légitimité. Le conflit d’intérêt devient un argument politique. L’État n’arbitre plus entre l’intérêt général et les forces économiques : il en devient le prolongement.
Gouverner n’est plus un service public. C’est devenu une gestion de réseau. Une start up nation… , mais en version fermée. Les frakchias forment la membrane ou l’écran entre le pouvoir et le peuple. Tout doit passer par eux avant d’atteindre la base. C’est le centre de régulation du mode de gouvernement. Les prix, les monopoles, les subventions, les concessions…etc . Et en feed back les legislations.
Alors oui, Monsieur le Chef du gouvernement, vous connaissez “le deux tiers” des hommes d’affaires. Mais connaissez-vous les deux tiers des Marocains ?
Ceux qui paient les taxes sur les hydrocarbures et les produits de première nécessité , pas ceux qui les vendent. Ceux qui n’ont ni holding, ni lobby, ni chronique sur leur vie de palace.
Ceux pour qui la politique devrait être un rempart et non un salon VIP.
Au bout du mot il y’a l’acte politique. Parce qu’au bout du compte, gouverner, ce n’est pas réciter des chiffres ou des parts de marché. C’est parler juste.
Et si déjà les mots sonnent faux, à quoi on pourra s’attendre pour les actes politiques ?

 

Dr Hassan Zaki

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