L’assainissement et la valorisation du domaine privé de l’État franchissent un nouveau cap. Dans le cadre du rapport sur la mobilisation du foncier public au Maroc annexé au projet de loi de finances 2027, la Direction des domaines de l’État a acté la récupération de 5 862 hectares de terrains précédemment attribués à des investisseurs défaillants. Parallèlement à cette reprise en main administrative, la dynamique d’attraction des investissements s’accélère avec plus de 55 000 hectares mobilisés entre début 2025 et mi-2026, représentant une enveloppe prévisionnelle de 90,4 milliards de dirhams.
Foncier public au Maroc : la fermeté face aux engagements non tenus
La récupération de ces 5 862 hectares s’inscrit dans une logique de suivi rigoureux du respect des cahiers des charges et des conventions d’investissement. Les contrôles de terrain menés en coordination avec la Direction des domaines de l’État ont permis d’identifier les projets à l’arrêt ou non conformes aux obligations initiales. L’objectif affiché par le ministère de l’Économie et des Finances est clair : libérer le potentiel foncier pour le remettre à la disposition d’opérateurs économiques réellement capables d’injecter des capitaux productifs.
Cette approche s’appuie sur les structures déconcentrées, notamment les Centres régionaux d’investissement (CRI) et les Commissions régionales unifiées de l’investissement (CRUI). Ce dispositif de gouvernance permet de filtrer les attributions et de réaffecter rapidement les superficies récupérées vers des projets à forte valeur ajoutée.
Un bilan de 90,4 MMDH tiré par l’énergie et les provinces du Sud
Entre janvier 2025 et juin 2026, la mobilisation globale concerne 422 projets validés pour un total de 55 351 hectares et plus de 22 500 emplois attendus. La période a été marquée par une forte prédominance du secteur énergétique en 2025, captant plus de 83 % des superficies attribuées (26 609 hectares) pour près de 49 milliards de dirhams. Ces projets à fort impact concernent principalement les provinces du Sud :
- Boujdour : 11 588 hectares dédiés à deux parcs éoliens (4,53 MMDH).
- Tarfaya : 2 966 hectares réservés aux équipements portuaires et industriels (33 MMDH).
- Guelmim-Oued Noun : Terrains affectés à l’« Offre Maroc » pour l’hydrogène vert et l’interconnexion électrique.
Au premier semestre 2026, le secteur minier a pris le relais en matière d’emprise spatiale (93,74 % des superficies), tandis que l’énergie conserve son leadership sur le volume des investissements financiers engagés (71,07 %). À cela s’ajoute le secteur agricole, qui totalise 110 conventions de partenariat sur 5 349 hectares pour environ 2,1 MMDH.
Priorité stratégique à la location plutôt qu’à la cession
Une inflexion majeure se confirme dans le mode de mise à disposition des terrains publics : l’État privilégie désormais quasi exclusivement la location à la cession. En 2025, la location a représenté 86,25 % des superficies accordées. Ce chiffre est monté à 99,18 % au premier semestre 2026 (23 181 hectares loués contre 193 hectares cédés).
Cette orientation stratégique préserve le patrimoine foncier de l’État sur le long terme tout en abaissant les coûts d’accès au foncier pour les porteurs de projets, consolidant une vision durable du développement économique territorial.

