Une collision meurtrière à plus de 200 km/h
La piste d’une rupture du rail privilégiée
Dans son rapport, la CIAF indique travailler sur « l’hypothèse » d’une fracture du rail survenue avant le passage du train accidenté, ce qui aurait directement entraîné le déraillement.
Les enquêteurs fondent cette hypothèse sur plusieurs éléments techniques, notamment la présence d’entailles sur les roues droites des voitures du train Iryo qui ne se sont pas renversées.
« Ces entailles et la déformation observée sur la voie sont compatibles avec le fait que la voie aurait été fracturée », précise le document officiel.
Selon les premières constatations, la cassure se serait produite au niveau d’une soudure reliant deux tronçons de rail, un point sensible régulièrement surveillé dans les infrastructures ferroviaires à grande vitesse.
Des indices relevés sur d’autres trains
Fait notable, les enquêteurs ont également détecté des marques similaires sur les roues de trois autres trains ayant emprunté le même tronçon peu avant la catastrophe. Cet élément renforce l’hypothèse d’un défaut progressif de la voie, et non d’un incident soudain lié au matériel roulant.
Aucune conclusion définitive à ce stade
La CIAF insiste toutefois avec force sur le caractère non définitif de ces conclusions. Le rapport souligne, en lettres capitales, qu’il ne s’agit que d’une « hypothèse de travail », qui devra être confirmée par des calculs techniques, des analyses métallurgiques et des expertises approfondies.
« En ce qui concerne les causes de la rupture du rail, aucune hypothèse n’est écartée », précisent les enquêteurs.
L’hypothèse d’un acte de sabotage, évoquée dans les premières heures suivant le drame, a en revanche été rapidement écartée par les autorités espagnoles.
Une enquête longue et complexe
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a rappelé que l’enquête nécessiterait plusieurs mois, évoquant un processus « complexe » impliquant l’examen détaillé de :
- l’infrastructure ferroviaire,
- le matériel roulant,
- les systèmes de sécurité,
- et les conditions d’exploitation au moment de l’accident.
La publication du rapport final n’est donc pas attendue avant plusieurs mois.
Un drame national et international
L’accident a profondément marqué l’opinion publique en Espagne et à l’étranger. Parmi les victimes figure notamment une ressortissante marocaine, suscitant une vive émotion au Maroc. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a promis que « toute la vérité » serait faite, tandis que trois jours de deuil national ont été décrétés.
