À Tanger, Rachid El Ghazi, salarié et père de deux enfants scolarisés dans le primaire, fait face à cette situation. Il doit désormais prévoir de nouvelles dépenses pour assurer la scolarité de ses deux enfants.
Selon lui, le coût de la rentrée scolaire représente une forte pression sur le budget familial. Les dépenses concernent notamment les livres, les vêtements et les frais d’inscription. À cela s’ajoutent les frais liés à la scolarité dans les établissements privés.
Mais les frais de scolarité ne représentent qu’une partie de la facture. Les familles doivent aussi acheter les fournitures et les uniformes. Elles peuvent également avoir à payer le transport scolaire. D’autres services peuvent encore augmenter la facture durant l’année.
Pour Rachid El Ghazi, la situation est devenue plus difficile depuis que son deuxième enfant a atteint l’âge scolaire. Les dépenses augmentent alors que la famille doit déjà faire face aux frais de logement, d’alimentation et de soins.
Cette situation reflète les difficultés rencontrées par certaines familles marocaines au moment de la rentrée. Par ailleurs, le recours à l’enseignement privé reste important pour certaines d’entre elles. Ces familles acceptent alors une charge financière plus lourde afin d’assurer la scolarité de leurs enfants.
De son côté, Bouazza Kharrati, président de la Fédération nationale de protection du consommateur, considère que la rentrée scolaire intervient parmi plusieurs périodes où les dépenses des ménages augmentent fortement.
Ainsi, le mois de Ramadan, l’Aïd Al-Adha, la période estivale et la rentrée scolaire constituent plusieurs moments de forte pression financière pour les familles. Cette situation concerne particulièrement les ménages aux revenus moyens ou limités.
Selon Bouazza Kharrati, certaines familles sont alors obligées de recourir au crédit pour couvrir leurs besoins. Il estime également que l’activité des sociétés de crédit reflète les difficultés financières rencontrées par les ménages.
En effet, certains revenus ne permettent plus de couvrir toutes les dépenses de l’année. Des familles peuvent ainsi arriver difficilement au milieu de l’année avant de devoir emprunter pour faire face aux charges restantes.
Les familles qui choisissent l’enseignement privé sont aussi confrontées à la hausse des frais. Certaines écoles proposent d’abord des tarifs jugés accessibles. Toutefois, les coûts peuvent ensuite augmenter lorsque l’élève passe à un niveau supérieur.
Cette situation peut placer les parents dans une position difficile. Lorsque l’enfant est déjà attaché à son établissement, changer d’école peut devenir plus compliqué. Les familles peuvent alors continuer à supporter des dépenses élevées pour éviter ce changement.
Le transport scolaire constitue également un autre sujet de préoccupation. Certaines écoles imposent ce service aux familles. Or, les règles encadrant le transport scolaire doivent être respectées, notamment celles liées au transport routier.
L’assurance scolaire soulève aussi des questions. Le paiement de frais supplémentaires par les parents est notamment contesté lorsqu’il s’agit d’assurer leur enfant au sein de l’établissement.
Enfin, la vente des livres scolaires par certaines écoles est également pointée du doigt. L’obligation pour les parents d’acheter les manuels directement auprès de l’établissement est considérée comme une pratique relevant de la vente conditionnée interdite par la loi n° 31.08 relative à la protection du consommateur.
Dans ce cadre, les parents doivent pouvoir choisir librement le lieu où ils achètent les livres scolaires. Ils ne devraient donc pas être contraints de les acheter auprès de l’établissement fréquenté par leurs enfants.
Au final, le coût de la rentrée scolaire représente une charge importante pour les familles. Entre les frais de scolarité, les fournitures, les vêtements, le transport et les autres dépenses, la rentrée peut fortement peser sur les budgets des ménages.
Pour les familles déjà confrontées à des charges quotidiennes importantes, cette période constitue ainsi une nouvelle source de pression financière. La rentrée scolaire s’ajoute alors aux autres moments de l’année où les dépenses atteignent leur niveau le plus élevé.

