Cyberattaque en France : 500 supermarchés touchés

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Une cyberattaque des supermarchés en France a perturbé les systèmes de réfrigération de centaines de magasins dans la nuit du dimanche au lundi, provoquant la détérioration de produits alimentaires frais et des pertes financières. L’attaque, qui aurait visé des équipements de contrôle connectés à Internet, fait l’objet d’une enquête judiciaire afin d’identifier les responsables et d’évaluer l’ampleur des dégâts.

Cyberattaque des supermarchés en France : des centaines de magasins concernés

Selon des informations communiquées par plusieurs enseignes à l’Agence France-Presse (AFP), l’incident a touché différents acteurs de la grande distribution française. Au moins 300 magasins des réseaux Intermarché et Netto seraient concernés, ainsi que moins de 100 magasins de Coopérative U.

Le bilan communiqué fait également état de 80 magasins Carrefour, d’environ 30 magasins Monoprix et d’un nombre non précisé de points de vente E.Leclerc touchés par l’incident.

Cette cyberattaque des supermarchés en France a notamment perturbé la conservation des denrées alimentaires. Plusieurs magasins ont dû retirer des produits dont les conditions de stockage n’étaient plus garanties, conformément aux exigences de la chaîne du froid.

Les systèmes de réfrigération de Danfoss visés par les pirates

D’après une source proche du dossier, les pirates auraient ciblé des systèmes de contrôle de la réfrigération associés à l’entreprise danoise Danfoss. Selon des informations relayées par BFMTV, les attaquants auraient activé à distance et de manière forcée la fonction de dégivrage de réfrigérateurs et de congélateurs dans de nombreux magasins.

Cette manipulation aurait provoqué des perturbations des températures nécessaires à la conservation des produits frais et surgelés. Des équipements auraient également connu des incidents matériels, certains composants ayant commencé à prendre feu, selon les éléments rapportés dans le dossier.

De son côté, Danfoss a indiqué que la majorité des équipements touchés appartenaient à des générations anciennes, arrivées en fin de vie opérationnelle et ne bénéficiant plus de mises à jour logicielles ni de protections récentes. L’entreprise affirme recommander depuis plusieurs années le remplacement des systèmes obsolètes par des solutions plus modernes et toujours prises en charge.

Des pertes alimentaires et financières pour les enseignes

Les magasins concernés ont été contraints de jeter les denrées dont la conservation ne pouvait plus être garantie. Intermarché a notamment évoqué un gaspillage alimentaire et des pertes financières, sans en préciser le montant.

La question de l’indemnisation pourrait également se poser. Selon les informations rapportées, les enseignes pourraient rencontrer des difficultés concernant la couverture assurantielle de ce type d’incident informatique.

Le président de Coopérative U, Dominique Schelcher, a qualifié l’attaque de particulièrement grave et inédite, soulignant les risques liés au ciblage d’équipements essentiels à la conservation des aliments et à la continuité de l’approvisionnement alimentaire.

Le groupe E.Leclerc a, pour sa part, indiqué que l’incident avait concerné l’un de ses fournisseurs d’équipements de réfrigération.

Une enquête ouverte et les autorités mobilisées

Le parquet de Paris a ouvert une enquête de sa propre initiative afin de recenser les établissements concernés, de déterminer l’étendue des dommages et d’identifier les auteurs de l’attaque.

Selon des sources proches du Premier ministre français Sébastien Lecornu, celui-ci a demandé une intervention rapide de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). L’agence a indiqué mobiliser ses équipes pour accompagner les entreprises touchées et coordonner ses actions avec ses homologues européens.

Le ministère français chargé du Commerce suit également la situation avec les enseignes de distribution concernées.

Cyberattaque des supermarchés en France : les risques liés aux équipements connectés

L’incident relance les interrogations sur la sécurité des équipements industriels connectés à Internet. Contrairement aux systèmes informatiques classiques, ces installations ont historiquement été conçues en privilégiant la fiabilité opérationnelle et les coûts d’exploitation, ce qui peut compliquer leur sécurisation.

L’expert en cybersécurité Antoine Oton a estimé que le ciblage simultané de centaines d’équipements révélait un certain niveau de sophistication technique. L’ampleur de l’incident souligne les risques auxquels peuvent être exposées les infrastructures essentielles au fonctionnement de la chaîne alimentaire.

Le commissaire européen chargé de l’Agriculture, Christophe Hansen, a également condamné l’attaque et appelé à accorder davantage d’attention à la sécurité alimentaire.

Des failles de sécurité chez Danfoss, sans lien confirmé avec l’attaque

Au cours des derniers mois, Danfoss avait signalé plusieurs vulnérabilités de sécurité dans certains logiciels utilisés pour contrôler des systèmes de réfrigération. Une faille annoncée le 18 septembre aurait notamment permis d’accéder à des données internes et d’exécuter des programmes non sécurisés.

Toutefois, aucun élément présenté dans les informations disponibles ne permet d’établir que ces vulnérabilités sont directement à l’origine de la cyberattaque actuellement examinée par les enquêteurs.

L’enquête devra notamment préciser les méthodes employées par les pirates, l’étendue des dommages matériels et alimentaires ainsi que les éventuelles responsabilités. En attendant ses conclusions, l’incident met en évidence l’importance de la mise à jour des équipements connectés et de la protection des systèmes industriels qui contribuent à la sécurité de l’approvisionnement alimentaire.

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