Flambée des prix du poisson à l’approche du Ramadan : la colère monte chez les consommateurs marocains

Variety of fresh seafood on ice
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À l’approche du mois sacré de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte consommation de poisson, les prix connaissent une hausse significative dans la majorité des marchés marocains. Une situation qui suscite incompréhension et colère chez de nombreux consommateurs, déjà confrontés à un contexte économique tendu et à la hausse généralisée du coût de la vie.

Selon plusieurs professionnels du secteur, cette flambée des prix s’explique en grande partie par les mauvaises conditions météorologiques enregistrées ces dernières semaines. La mer agitée, les vents forts et l’instabilité climatique ont fortement perturbé les sorties en mer, réduisant considérablement les quantités de poisson débarquées dans les ports du Royaume. Résultat : une offre limitée face à une demande en nette augmentation à l’approche du Ramadan.

Dans les marchés, les prix affichés donnent le vertige. Le merlan atteint désormais 60 dirhams le kilo, tandis que la sole et le calamar se vendent autour de 120 dirhams le kilo. Les crevettes oscillent autour de 100 dirhams, le pageot s’affiche à 50 dirhams, et les moules atteignent 70 dirhams le kilo. Des tarifs jugés excessifs par de nombreux ménages, notamment les familles à revenu moyen ou modeste.

Mais c’est surtout la sardine, poisson emblématique de la table marocaine et longtemps considérée comme le plus accessible, qui cristallise les tensions. Devenue rare sur les étals, elle est parfois totalement absente de certains marchés. Les pêcheurs évoquent des difficultés techniques et environnementales liées à sa pêche, tandis que les consommateurs dénoncent une situation « incompréhensible » pour un pays disposant de plus de 3 500 kilomètres de côtes.

Sur les réseaux sociaux, la colère s’exprime sans détour. De nombreux Marocains dénoncent une spéculation excessive, un manque de contrôle des prix et l’absence de mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens, surtout à l’approche d’un mois où la consommation alimentaire augmente sensiblement. Certains internautes appellent même au boycott de certains produits de la mer afin de faire pression sur les intermédiaires et les grossistes.

Du côté des vendeurs, le discours se veut nuancé. Plusieurs poissonniers affirment subir eux aussi cette hausse en amont, pointant du doigt la rareté du produit, l’augmentation des coûts de transport et les fluctuations des prix au niveau des criées. « Nous ne faisons que répercuter les prix auxquels nous achetons », expliquent certains, tout en reconnaissant que la situation devient difficile à expliquer aux clients.

Face à cette tension croissante, les consommateurs appellent les autorités compétentes à renforcer les contrôles sur les circuits de distribution, à lutter contre la spéculation et à assurer une meilleure régulation du marché, notamment durant les périodes sensibles comme le Ramadan. Beaucoup estiment qu’une transparence accrue sur la chaîne des prix, du port au marché, permettrait de rétablir un climat de confiance.

En attendant d’éventuelles mesures, de nombreux ménages se voient contraints de réduire leur consommation de poisson ou de se tourner vers des alternatives moins coûteuses. Une situation paradoxale pour un pays reconnu comme l’un des principaux acteurs de la pêche en Afrique, mais qui révèle une fois de plus les déséquilibres persistants entre production, distribution et accès équitable aux produits de première nécessité.

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