En été 2025, les régions touristiques du Maroc ont vu leurs prix s’envoler dans plusieurs secteurs. Les locations saisonnières à Taghazout, Agadir, Dakhla ou dans le nord affichent des tarifs en hausse de 25 à 40 %. Les parkings, souvent non régulés, varient entre 20 et 50 dirhams par jour. Ce phénomène touche également la restauration, le transport et les produits alimentaires. Cela impacte directement le budget des visiteurs, qu’ils soient étrangers ou nationaux.
Le tourisme interne : un levier encore sous-exploité
Le potentiel du tourisme national reste important. Pourtant, il est limité par plusieurs facteurs. Parmi eux, des tarifs peu adaptés aux résidents, une visibilité réduite sur les offres régionales, et un manque d’infrastructures dans les zones rurales ou montagneuses. Valoriser le patrimoine local, proposer des circuits culturels et encourager les activités artisanales pourraient diversifier l’offre. Ces mesures permettraient aussi d’équilibrer les flux touristiques en dehors des grandes villes.
S’inspirer des expériences internationales pour innover
Des pays comme la Turquie, l’Espagne ou la ville de Tarifa ont développé des écosystèmes touristiques efficaces. Ces modèles combinent diversification régionale, engagement écologique et implication des acteurs locaux. Leur succès repose sur la valorisation du patrimoine culturel, la promotion du tourisme durable, et la mise en place de labels et normes pour garantir la qualité des services offerts aux visiteurs.
Go Siyaha : un programme structurant pour le secteur
Depuis 2024, le programme Go Siyaha soutient plus de 800 projets. Il représente un investissement de plus de 460 millions de dirhams. Ce programme ambitieux accompagne les entreprises touristiques. Il vise à les aider dans la digitalisation, l’amélioration de la qualité de service, la transition écologique et la diversification des offres. Une attention particulière est portée aux régions moins exploitées, afin de stimuler leur développement.
Projets d’infrastructures pour renforcer la connectivité
L’éco-cité de Zenata, située entre Casablanca et Mohammedia, illustre une approche durable. Elle se distingue par ses grands espaces verts et sa mixité sociale. De plus, la voie express Tiznit-Dakhla, longue de plus de 1 000 km, améliore considérablement l’accès aux provinces du Sud. Elle réduit en même temps le temps et le coût des déplacements. Par ailleurs, le développement des ports, aéroports et lignes ferroviaires à grande vitesse vise à renforcer la connectivité nationale et internationale du Maroc.
Réduire l’empreinte carbone du tourisme
Le secteur touristique marocain intègre progressivement des mesures concrètes pour limiter son impact environnemental. Cela passe par le développement des transports durables, le soutien aux hébergements écologiques, et la sensibilisation des professionnels et des visiteurs. Un aménagement rigoureux des sites est également prévu pour protéger la biodiversité et limiter la surfréquentation, assurant ainsi la pérennité des destinations.
Perspectives pour un tourisme marocain équilibré
Réguler les prix saisonniers, encourager le tourisme hors saison, développer les infrastructures et valoriser le tourisme interne sont des leviers essentiels. Ils permettront de créer un secteur plus accessible et durable au Maroc. Les initiatives publiques et privées, accompagnées d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, préparent le terrain à une évolution cohérente et pérenne du tourisme national.
Mounir GAMANI
