Après plusieurs années consécutives de sécheresse ayant fragilisé l’agriculture nationale, les récentes précipitations au Maroc marquent un tournant encourageant pour le secteur. Ces pluies, tombées à un moment clé du calendrier agricole, améliorent sensiblement les perspectives de la campagne agricole 2025-2026, tout en redonnant espoir aux agriculteurs et aux éleveurs durement touchés par le stress hydrique.
Une campagne agricole 2025-2026 lancée sur des bases plus solides
Selon Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), l’effet le plus immédiat de ces pluies est avant tout moral.
« Le point le plus important, c’est le moral, qui est revenu au beau fixe. Alhamdoulilah », affirme-t-il, soulignant l’importance psychologique de ce retour des précipitations après des années de grande incertitude.
Sur le plan technique, la campagne agricole actuelle démarre dans des conditions nettement plus favorables que les précédentes. Les cultures d’automne, notamment les céréales, affichent des superficies dépassant désormais 3 millions d’hectares, un niveau en nette amélioration par rapport aux campagnes précédentes, marquées par une forte contraction des surfaces cultivées et des rendements historiquement bas.
Le maraîchage profite du retour des pluies
Le secteur du maraîchage figure parmi les premiers bénéficiaires de cette amélioration des conditions climatiques. Les précipitations ont permis de reconstituer partiellement l’humidité des sols, favorisant la reprise des cultures et réduisant la pression sur l’irrigation artificielle.
Cette situation pourrait également contribuer à une stabilisation des prix des légumes sur les marchés nationaux, après plusieurs saisons caractérisées par une forte volatilité liée au manque d’eau et à l’augmentation des coûts de production.
Barrages : un taux de remplissage supérieur à 45 %
Autre indicateur positif : le taux de remplissage des barrages, qui dépasse désormais 45 % au niveau national. Un chiffre encourageant, appelé à s’améliorer davantage dans les prochaines semaines grâce aux précipitations attendues et à la fonte des neiges dans les zones montagneuses.
Cette amélioration hydrique devrait permettre la réouverture de plusieurs stations de pompage, restées à l’arrêt durant les périodes de sécheresse prolongée. Elle contribue également à sécuriser l’approvisionnement en eau destiné à l’irrigation agricole, un enjeu stratégique pour la durabilité du secteur.
Un soulagement majeur pour l’élevage
Pour les éleveurs, le retour des pluies représente un soulagement considérable. La régénération progressive des pâturages sur l’ensemble du territoire permet de réduire la dépendance aux aliments composés, dont les coûts élevés ont fortement pesé sur les exploitations ces dernières années.
Cette amélioration des parcours naturels pourrait également contribuer à atténuer la pression sur le cheptel national, fragilisé par les épisodes de sécheresse successifs et la flambée des prix des intrants.
Une embellie encore fragile
Malgré ces signaux positifs, les professionnels du secteur restent prudents. La reprise agricole demeure étroitement liée à l’évolution des conditions climatiques au cours des prochains mois. Une régularité des pluies et une bonne répartition spatio-temporelle seront déterminantes pour confirmer cette dynamique encourageante.
Dans un contexte de changement climatique structurel, cette embellie rappelle toutefois l’urgence de renforcer les politiques de gestion durable de l’eau et d’adaptation de l’agriculture marocaine aux aléas climatiques.
