Quand l’andalou célèbre l’aube : une nuit gravée dans la mémoire des maqams

Par Rachida DAIDAI

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À l’occasion conjuguée de l’Aïd al-Fitr et de la Journée de la musique arabe, l’association Nahda du chant andalou, présidée par le professeur Tawfik Himmich, a offert bien plus qu’un concert. Une soirée inédite, où la chorale est devenue passeuse d’éternité.\


Un symbole double, une ambition unique

Réunir dans une même nuit la joie spirituelle de l’Aïd et l’hommage solennel à la musique arabe n’est pas un hasard. C’est un acte de foi culturelle.

L’association Nahda n’a pas simplement célébré deux dates : elle les a tissées ensemble pour rappeler que l’art andalou est lui-même un dialogue entre le sacré et l’humain, l’exil et la mémoire.

Au-delà de la fête : une respiration pour l’héritage

Ce qui frappait, ce soir-là, c’était l’absence de toute frénésie festive ordinaire. Pas de clinquant, pas de recherche d’effet.

À la place : une gravité douce, une écoute recueillie.

La chorale, dirigée d’une main experte, n’a pas interprété des morceaux – elle a ressuscité des souffles anciens. Chaque nouba, chaque nuance vocale semblait dire :

« Ceci n’est pas un spectacle, c’est une transmission. »

Une page dans l’histoire du chant ancestral

L’événement ne restera pas comme une simple date dans un agenda culturel.

Il s’inscrit comme une page – écrite à l’encre vive – dans l’histoire du chant andalou.

Par cette initiative, le professeur Tawfik Himmich et ses choristes ont donné un souffle nouveau à un art souvent menacé d’immobilisme.

Non pas un souffle artificiel de musée, mais un élan vivant, capable d’irriguer les générations à venir.

La pérennité comme acte, non comme vœu

Beaucoup parlent de sauvegarder le patrimoine. Peu le font respirer.

Là réside la véritable originalité de cette soirée : elle a transformé la pérennité en un geste concret, collectif, chanté.

En reliant l’Aïd (renouveau spirituel) à la Journée de la musique arabe (mémoire professionnelle), l’association Nahda a posé un jalon.

Désormais, cette date comptera dans les annales du genre – non pas pour sa spectacularité, mais pour sa profondeur.

Cette soirée n’était pas une célébration parmi d’autres. C’était un acte de résistance douce, une leçon de lenteur précieuse.

Là où le bruit du monde étouffe souvent les racines, l’association Nahda, sous la direction du professeur Tawfik Himmich, a choisi de chanter plus fort, plus juste, plus vrai.

Et dans ce choix, l’art andalou a retrouvé son avenir.

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