Le débat sur les prix des carburants au Maroc a été relancé le 3 novembre 2026, lors de l’examen du projet de loi de finances 2027 à la Chambre des représentants. Devant les députés, le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a écarté l’idée de plafonner les prix à la pompe ou de rétablir le système de compensation des produits pétroliers, en mettant notamment en avant le coût budgétaire de telles mesures.
Prix des carburants au Maroc : le gouvernement écarte le plafonnement
Intervenant devant la Commission des finances et du développement économique, Fouzi Lekjaa a répondu aux propositions visant à encadrer directement les prix des carburants. Le ministre a indiqué que le gouvernement n’était pas favorable au plafonnement des prix ni au retour à l’ancien système de compensation des produits pétroliers.
Selon lui, le rétablissement de la compensation pourrait représenter une dépense comprise entre 50 et 70 milliards de dirhams. Il estime que ces ressources pourraient être mobilisées pour financer d’autres services publics, notamment dans les domaines de la santé et des infrastructures.
Les cours internationaux pèsent sur le marché des carburants
Pour expliquer la situation, le ministre a présenté plusieurs évolutions des cours internationaux des produits pétroliers. Le baril de pétrole a notamment atteint 110 dollars avant de reculer à 106 dollars, selon les chiffres évoqués lors de son intervention.
Le prix du gasoil est, quant à lui, passé de 1 509 à 1 436 dollars la tonne, alors que sa moyenne de l’année précédente était d’environ 693 dollars. Le gaz butane a également enregistré des niveaux élevés, avec un cours passé de 1 152 à 1 075 dollars la tonne.
Ces variations illustrent les pressions exercées par les marchés internationaux sur les coûts d’approvisionnement. Elles constituent l’un des éléments avancés par le gouvernement pour justifier sa position sur la politique des prix.
La question des taxes et de leur impact sur les consommateurs
Les députés ont également soulevé la possibilité de revoir la fiscalité appliquée aux carburants. Fouzi Lekjaa a expliqué qu’une réduction des taxes ne se traduisait pas automatiquement par une baisse équivalente du prix payé à la pompe.
Il a estimé qu’il était nécessaire d’évaluer précisément la répercussion de toute mesure fiscale sur le consommateur, en tenant compte des différentes composantes du prix, notamment les coûts d’importation et de distribution.
Le stockage présenté comme un levier de concurrence
Le ministre a également insisté sur le développement des capacités nationales de stockage. Selon lui, ces infrastructures sont essentielles pour faciliter l’arrivée de nouveaux opérateurs, renforcer la concurrence et améliorer la gestion des approvisionnements.
Le stockage permet notamment aux entreprises de gérer les fluctuations des cours internationaux et de constituer des réserves. Le gouvernement considère donc le renforcement de ces capacités comme un axe important de la réforme du marché des carburants.
Quel avenir pour la raffinerie Samir ?
La question de la raffinerie Samir a également été abordée. Fouzi Lekjaa a reconnu l’importance du dossier, tout en soulignant que sa relance ne pouvait pas se limiter à une décision administrative.
Une éventuelle reprise de l’activité nécessiterait des investissements importants ainsi qu’une évaluation des contraintes techniques et de la viabilité économique du projet. Le ministre a appelé à approfondir les discussions avec le département chargé de la Transition énergétique.
Un débat toujours central pour le pouvoir d’achat
La position présentée par Fouzi Lekjaa intervient dans un contexte où les prix des carburants restent une préoccupation pour les ménages et les professionnels du transport. Le choix entre plafonnement, compensation, mesures fiscales et renforcement du stockage continue ainsi d’alimenter le débat sur la politique énergétique et le pouvoir d’achat au Maroc.
À ce stade, les déclarations du ministre exposent l’orientation défendue par le gouvernement. Elles ne constituent pas l’annonce d’un nouveau mécanisme de plafonnement ou d’une modification immédiate des prix à la pompe.

