Le chômage au Maroc a progressé au troisième trimestre 2026, pour atteindre 10,5 %, contre 9,5 % au trimestre précédent. Selon les résultats publiés le 3 novembre par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), cette évolution s’accompagne d’une baisse nette de 173 000 personnes en emploi rémunéré, avec une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes de 15 à 24 ans.
Le chômage au Maroc atteint 10,5 % au troisième trimestre
D’après la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO) du HCP, le taux de chômage strict s’est établi à 10,5 % au troisième trimestre 2026, en hausse de 0,9 point par rapport au deuxième trimestre. Le nombre de personnes au chômage strict a atteint 1,224 million, soit 103 000 personnes supplémentaires sur la période.
La situation diffère selon le lieu de résidence. Le taux de chômage s’élève à 12,5 % en milieu urbain, contre 6,9 % en milieu rural. Ces chiffres traduisent des réalités différentes du marché du travail entre les villes et les campagnes.
Les jeunes restent les plus touchés par le chômage
Les jeunes continuent de faire face à d’importantes difficultés d’accès à l’emploi. Chez les personnes âgées de 15 à 24 ans, le taux de chômage atteint 30,5 % au troisième trimestre 2026, contre 27,2 % au trimestre précédent.
Les disparités entre les femmes et les hommes restent également marquées. Le taux de chômage féminin s’établit à 16,7 %, tandis qu’il atteint 8,7 % chez les hommes.
Ces données mettent en évidence les difficultés persistantes d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et pour les femmes à la recherche d’un emploi.
173 000 emplois rémunérés en moins en un trimestre
Le HCP fait également état d’une baisse nette de 173 000 personnes en emploi rémunéré entre le deuxième et le troisième trimestre 2026, soit un recul de 1,6 %. Cette diminution concerne principalement le milieu rural, avec 148 000 personnes en moins, contre 25 000 en milieu urbain.
L’évolution varie toutefois selon les secteurs d’activité. L’industrie a enregistré une progression de 69 000 emplois, tandis que les services ont connu une baisse de 96 000 emplois. L’agriculture, la forêt et la pêche figurent également parmi les secteurs concernés par les variations de l’emploi.
Ces évolutions trimestrielles ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une dégradation durable de l’emploi. Elles doivent être interprétées en tenant compte des variations saisonnières et de la situation propre à chaque secteur.
Une nouvelle méthode de mesure du marché du travail
Les résultats du troisième trimestre reposent sur l’Enquête sur la main-d’œuvre (EMO), qui remplace l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi. Le nouveau dispositif introduit notamment la notion de chômage strict, qui concerne les personnes sans emploi rémunéré, recherchant activement un emploi et disponibles pour en occuper un.
Le HCP utilise également un indicateur plus large, le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Celui-ci atteint 19,6 % au niveau national, 44,5 % chez les jeunes de 15 à 24 ans et 28,5 % chez les femmes.
Le marché du travail marocain toujours sous pression
La hausse du chômage au troisième trimestre 2026 souligne les défis auxquels reste confronté le marché du travail marocain. L’accès à un premier emploi, la participation des femmes à l’activité économique et la création d’opportunités dans les secteurs productifs constituent des enjeux importants.
Les prochains résultats statistiques permettront de suivre l’évolution de ces indicateurs et de mieux mesurer les effets des politiques publiques sur l’emploi au Maroc.

