Cette évolution résulte d’une création nette de 203.000 emplois en milieu urbain, contre une perte de 10.000 postes en milieu rural. Malgré cette création nette d’emplois, le taux d’activité est resté stable à 43,5%, et le taux d’emploi s’est légèrement amélioré à 37,8%.
Une création d’emplois portée par l’urbain et le salariat
Selon la note d’information du HCP, l’économie nationale a créé 193.000 postes d’emploi nets entre 2024 et 2025. Cette évolution résulte d’une création nette de 203.000 emplois en milieu urbain, contre une perte de 10.000 postes en milieu rural.
Dynamique par type d’emploi
Par type d’emploi, cette dynamique est portée par la hausse de l’emploi rémunéré, qui a progressé de 249.000 postes, tandis que l’emploi non rémunéré a reculé de 55.000 postes.
Cette évolution témoigne d’une transformation structurelle du marché du travail marocain, marquée par :
Une tertiarisation croissante de l’économie ;
Une salarisation progressive de l’emploi ;
Un recul de l’emploi non rémunéré, souvent associé au travail familial dans l’agriculture et le commerce informel.
Un taux d’activité stable à 43,5%, mais des disparités territoriales
Malgré cette création nette d’emplois, le taux d’activité est resté stable à 43,5% entre 2024 et 2025. Ce taux mesure la proportion de la population en âge de travailler (15 ans et plus) qui est active sur le marché du travail (occupée ou en recherche d’emploi).
Évolution par milieu
En milieu rural : baisse de 0,4 point, passant à 46,1% ;
En milieu urbain : légère hausse de 0,2 point, atteignant 42,2%.
Cette stabilité globale masque des dynamiques divergentes entre zones urbaines et rurales. Le recul en milieu rural pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs :
La faiblesse de l’activité agricole en raison de conditions climatiques difficiles (sécheresse prolongée) ;
L’exode rural vers les villes à la recherche d’opportunités d’emploi ;
Le vieillissement de la population active rurale et le départ des jeunes vers les zones urbaines.
Un taux d’emploi en légère amélioration à 37,8%
Le taux d’emploi, qui mesure la proportion de personnes occupées par rapport à la population en âge de travailler, s’est légèrement amélioré au niveau national, passant de 37,7% à 37,8%.
Évolution par milieu
Cette évolution masque toutefois des disparités territoriales :
En milieu rural : recul de 0,3 point, à 43% ;
En milieu urbain : progression de 0,4 point, à 35,3%.
Ces chiffres confirment la concentration de la création d’emplois dans les zones urbaines, tandis que le milieu rural continue de subir les effets de la crise agricole et de la désertification économique.
Évolution par sexe
Par sexe, le taux d’emploi a :
Augmenté chez les hommes : +0,4 point, à 61,1% ;
Diminué chez les femmes : –0,2 point, à 15,1%.
Cette baisse du taux d’emploi des femmes constitue un signal préoccupant, alors que l’intégration économique des femmes demeure un enjeu majeur pour le développement inclusif du Maroc. Le taux de 15,1% reste très faible, illustrant les obstacles persistants à l’emploi féminin : discrimination, manque de services de garde d’enfants, normes sociales restrictives, et concentration de l’emploi féminin dans des secteurs précaires.
Une transformation structurelle du marché du travail en cours
La création nette de 193.000 emplois entre 2024 et 2025 témoigne d’une résilience de l’économie marocaine, malgré un contexte marqué par :
Les effets de la sécheresse sur l’agriculture et le milieu rural ;
Les tensions inflationnistes ;
Les incertitudes économiques mondiales.
Toutefois, plusieurs défis structurels persistent :
1. Faible taux d’activité national (43,5%)
Ce taux demeure inférieur à la moyenne des pays émergents, témoignant d’une sous-utilisation du potentiel productif de la population en âge de travailler, notamment chez les jeunes et les femmes.
2. Exclusion des femmes du marché du travail
Avec un taux d’emploi de 15,1%, les femmes marocaines restent largement sous-représentées sur le marché du travail, ce qui constitue un frein au développement économique et à l’égalité des genres.
3. Déclin de l’emploi rural
La perte de 10.000 postes en milieu rural reflète les difficultés structurelles de l’agriculture marocaine (sécheresse, faible productivité, manque d’infrastructures) et la nécessité d’une transformation du modèle de développement rural.
4. Salarisation progressive mais incomplète
La hausse de 249.000 emplois rémunérés témoigne d’une formalisation croissante de l’économie, mais le secteur informel continue de peser lourdement sur le marché du travail, avec des conséquences en termes de protection sociale et de productivité.
Perspective : vers une politique active de l’emploi et de l’inclusion
Pour consolider cette dynamique de création d’emplois et répondre aux défis structurels du marché du travail, le Maroc doit poursuivre et approfondir les réformes structurelles, notamment :
Renforcer l’intégration économique des femmes via des politiques actives (services de garde, lutte contre les discriminations, promotion de l’entrepreneuriat féminin) ;
Dynamiser l’emploi rural en modernisant l’agriculture, en diversifiant les activités économiques et en améliorant les infrastructures ;
Soutenir la jeunesse via la formation professionnelle, l’orientation et l’accompagnement à l’insertion ;
Accélérer la formalisation de l’économie pour garantir une meilleure protection sociale et une plus grande productivité ;
Promouvoir les secteurs à fort potentiel d’emploi (industrie, services, numérique, énergies renouvelables).
