Crise du logement en Espagne : une mobilisation massive
À Madrid, les autorités ont estimé à environ 70 000 le nombre de participants. Le syndicat des locataires, qui a organisé la mobilisation, avance pour sa part un chiffre proche de 500 000 manifestants. L’écart entre les deux estimations reflète une forte divergence sur l’ampleur exacte du rassemblement.
Des manifestations ont également été organisées dans plusieurs dizaines de villes espagnoles. À Madrid, les participants ont notamment défilé avec des banderoles appelant à une « grève générale », alors qu’un rassemblement et un campement se poursuivent depuis plusieurs jours dans le centre de la capitale.
Crise du logement en Espagne : le rejet des mesures gouvernementales
La mobilisation intervient après le rejet, vendredi, de deux décrets présentés par le gouvernement espagnol pour répondre à la crise du logement. Les textes prévoyaient notamment un renforcement de la protection des locataires vulnérables ainsi que des dispositions concernant les contrats de location.
Le premier texte a été rejeté par 178 voix contre 172, tandis que le second a recueilli 166 voix favorables contre 184. Les mesures n’ont notamment pas obtenu le soutien nécessaire de plusieurs formations parlementaires.
Crise du logement en Espagne : l’affaire Maricarmen Abascal
La contestation s’est fortement amplifiée après l’affaire de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans expulsée du logement où elle vivait depuis environ 70 ans. Son éviction a déclenché une vague de mobilisation dans plusieurs villes espagnoles.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias, une société d’investissement ayant acquis le logement avait cherché à augmenter fortement le montant du loyer. Un accord a finalement permis à Maricarmen Abascal de retourner dans son logement avec un loyer réduit.
Une mobilisation qui se poursuit
Les manifestations traduisent la persistance des tensions autour de l’accès au logement en Espagne, alors que les loyers et les prix immobiliers ont fortement augmenté ces dernières années. Les organisations de locataires demandent notamment un renforcement de la protection des personnes confrontées à des difficultés de logement.
À Madrid, la mobilisation intervient également dans un contexte de pression accrue sur le gouvernement de Pedro Sánchez après le rejet des deux textes au Parlement.
Un déficit important de logements
La crise est également liée à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Selon les estimations citées dans les informations disponibles, l’Espagne fait face à un déficit d’environ 700 000 logements, alimentant les difficultés d’accès à des logements abordables.
Les manifestations de ce samedi montrent ainsi que la question du logement demeure au cœur des préoccupations sociales en Espagne, avec des revendications portant notamment sur les loyers, les expulsions et la disponibilité de logements accessibles.

