Le mois de juin 2025 a marqué un tournant climatique au Maroc, avec l’enregistrement de nouveaux records mensuels de température à travers plusieurs régions du pays. Jamais un mois de juin n’avait été aussi chaud depuis le début des relevés météorologiques modernes.
Selon les données provisoires de la Direction générale de la météorologie, les températures ont dépassé les normales saisonnières de 4 à 7 °C dans de nombreuses zones, notamment dans l’intérieur du pays, les zones sahariennes et les vallées du sud. À Marrakech, la barre des 48 °C a été franchie à plusieurs reprises, tandis qu’à Fès, une température exceptionnelle de 46,5 °C a été enregistrée le 28 juin, établissant un nouveau record local pour ce mois.
Des conditions caniculaires prolongées
Les spécialistes attribuent cette vague de chaleur à un dôme thermique associé à un anticyclone subtropical persistant, qui a emprisonné l’air chaud au-dessus du pays durant plus de deux semaines consécutives. Cette configuration a non seulement empêché toute intrusion d’air frais, mais a également intensifié la sécheresse déjà bien installée dans plusieurs provinces.
« Ce mois de juin est l’un des plus chauds jamais mesurés au Maroc, et cela s’inscrit dans une tendance préoccupante de réchauffement global et régional », indique un climatologue basé à Rabat.
Impacts sur l’agriculture et la santé publique
Ces températures extrêmes ont eu des conséquences directes sur les rendements agricoles, notamment dans les cultures sensibles comme les légumes et les céréales d’été. Plusieurs producteurs ont signalé des pertes précoces et une évaporation excessive de l’eau d’irrigation.
Du côté sanitaire, les services d’urgence ont enregistré une hausse des consultations liées à la déshydratation, aux coups de chaleur et à l’aggravation de pathologies respiratoires, en particulier chez les personnes âgées et les enfants.
Un avertissement climatique
Le Maroc, déjà classé parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, fait face à une fréquence accrue des vagues de chaleur. Les experts appellent à renforcer les politiques d’adaptation, à améliorer la gestion des ressources en eau et à sensibiliser davantage la population aux bons réflexes en période de forte chaleur.
