Le déficit commercial du Maroc constitue un enjeu majeur pour l’économie nationale. Pour réduire l’écart entre les importations et les exportations, le gouvernement mise notamment sur le développement de l’industrie locale, la diversification des marchés et le renforcement des capacités exportatrices des entreprises marocaines.
Cette orientation a été présentée lundi 26 octobre 2026 par Omar Hejira, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants.
Le responsable gouvernemental a souligné que le rééquilibrage des échanges commerciaux nécessite une action sur plusieurs fronts. Il s’agit notamment de développer la fabrication nationale de produits actuellement importés et d’accélérer la réalisation de projets industriels en partenariat avec le secteur privé.
Déficit commercial et production locale au cœur de la stratégie
Selon Omar Hejira, le Maroc dispose de capacités industrielles permettant de fabriquer localement plusieurs produits actuellement achetés à l’étranger.
Le gouvernement souhaite ainsi accélérer la réalisation d’un portefeuille de projets industriels. Cette démarche doit contribuer à réduire la dépendance aux importations et à améliorer progressivement l’équilibre commercial du Royaume.
Toutefois, la réduction des importations présente certaines limites. Près de 69 % des importations marocaines seraient difficiles à réduire, car elles concernent des produits essentiels à l’activité économique.
Cette catégorie comprend notamment les hydrocarbures, les céréales, les équipements et les intrants nécessaires au fonctionnement de l’industrie nationale. Le gouvernement entend donc agir sur les autres catégories d’importations, tout en développant des solutions industrielles locales.
Les grands projets pèsent sur le déficit commercial
Les grands projets d’infrastructures engagés au Maroc représentent également un facteur important dans l’évolution des importations.
Les autoroutes, les infrastructures ferroviaires, les aéroports et les équipements sportifs nécessitent l’achat de nombreux matériels et composants à l’étranger.
Omar Hejira a indiqué que le gouvernement souhaite développer la fabrication nationale d’une partie de ces produits afin de répondre aux besoins des grands chantiers.
L’objectif est de transformer une partie des dépenses consacrées aux importations en opportunités de production et d’investissement au niveau national. Cette orientation pourrait également renforcer la participation des entreprises marocaines aux chaînes d’approvisionnement.
Les exportations marocaines restent concentrées sur quelques secteurs
La structure des exportations constitue un autre enjeu dans la lutte contre le déficit commercial.
Selon les chiffres présentés devant les députés, 85 % des exportations nationales sont concentrées dans la zone géographique comprise entre El Jadida et Tanger. Par ailleurs, environ 70 % des ventes marocaines à l’étranger sont destinées aux marchés européens, principalement à la France et à l’Espagne.
La concentration concerne également les secteurs d’activité. Six secteurs représentent à eux seuls 92 % des exportations nationales.
Un autre déséquilibre concerne les entreprises exportatrices. Seulement 10 % des sociétés qui exportent réaliseraient 90 % de la valeur totale des exportations marocaines.
Ces données soulignent l’importance de diversifier les activités exportatrices, d’élargir le nombre d’entreprises présentes sur les marchés internationaux et de développer de nouvelles filières capables de générer davantage de valeur ajoutée.
Le gouvernement prolonge sa feuille de route commerciale jusqu’en 2031
Concernant la stratégie commerciale du Royaume, Omar Hejira a indiqué que la feuille de route du commerce extérieur 2025-2027 sera prolongée jusqu’en 2031, avec l’intégration de nouveaux programmes.
Le développement des exportations doit permettre d’augmenter les opportunités d’emploi, d’améliorer le chiffre d’affaires des entreprises et de renforcer la qualité des produits marocains.
Cette stratégie vise également à améliorer la conformité des produits aux normes internationales et à consolider les capacités industrielles du pays.
L’élargissement de la base des entreprises exportatrices et la diversification des marchés constituent ainsi des axes importants pour réduire progressivement le déficit commercial.
Les échanges commerciaux atteignent 952,4 milliards de dirhams
Les chiffres présentés par le ministre illustrent l’ampleur des enjeux auxquels fait face le commerce extérieur marocain.
À fin août 2026, le volume total des échanges commerciaux du Royaume a atteint 952,4 milliards de dirhams, contre environ 1 300 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année 2025.
Sur la période considérée, les exportations marocaines ont progressé de 8,7 %, tandis que les importations ont augmenté de 15,8 %.
La progression plus rapide des achats à l’étranger contribue ainsi à l’élargissement du déficit commercial du Maroc.
En parallèle, Omar Hejira a rappelé que les échanges extérieurs du Royaume ne se limitent pas au commerce des marchandises. Le solde des services a enregistré un excédent supérieur à 118 milliards de dirhams à fin août 2026.
Cet excédent, auquel contribuent notamment les recettes touristiques, constitue une source importante de devises pour l’économie nationale.
Réduire le déficit commercial, un défi pour l’économie marocaine
La réduction du déficit commercial représente un défi qui dépasse la seule limitation des importations. Elle nécessite également de renforcer la production nationale, d’améliorer la compétitivité des entreprises et de diversifier les produits exportés.
À travers le développement de l’industrie locale et l’élargissement des capacités exportatrices, le gouvernement entend améliorer progressivement les équilibres commerciaux du Royaume.
Les prochaines années permettront de mesurer les résultats de cette stratégie, notamment en matière de substitution aux importations, de création d’emplois et de diversification des exportations marocaines.
Source : Déclarations d’Omar Hejira devant la Chambre des représentants, rapportées le 26 octobre 2026.

