Le Syndicat national des fonctionnaires du ministère de l’Enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la CDT, a appelé au boycott de la rentrée universitaire dans les différents établissements d’enseignement supérieur ainsi qu’au niveau de l’administration centrale. Le syndicat demande également le port du badge syndical.
Cette initiative ne fait toutefois pas l’unanimité. Le Syndicat national de l’enseignement, secteur de l’enseignement supérieur, affilié à la FDT, ainsi que la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires relevant de l’UGTM, n’ont pas annoncé leur participation à cette action.
Un programme de protestation jusqu’au 14 septembre
Le programme de protestation annoncé par les syndicats concernés s’étend du 1er au 14 septembre. Les situations humanitaires urgentes et exceptionnelles restent toutefois exclues de cette mobilisation.
À travers cette démarche, les organisations syndicales entendent attirer l’attention du ministère sur les revendications professionnelles et sociales des fonctionnaires de l’enseignement supérieur. Elles souhaitent également accélérer le règlement des dossiers qui restent en discussion avec les autorités concernées.
Des syndicats privilégient le dialogue
De son côté, le Syndicat national de l’enseignement, secteur de l’enseignement supérieur, a choisi de poursuivre les discussions avec le ministère plutôt que de rejoindre les mouvements de grève et de protestation.
L’organisation a tenu, en début de semaine, plusieurs réunions avec le secrétaire général du ministère, le directeur de cabinet ainsi que la directrice des ressources humaines. Ces rencontres ont porté sur le suivi des principaux dossiers revendicatifs du secteur.
Selon le coordinateur de la commission de dialogue du syndicat, deux revendications constituent actuellement les principales priorités des fonctionnaires : une augmentation salariale de 1.000 dirhams et la publication du statut particulier des fonctionnaires de l’enseignement supérieur.
Le responsable syndical affirme que le décret relatif à l’augmentation salariale a déjà été signé et se trouve actuellement auprès du Secrétariat général du gouvernement. Des engagements auraient également été pris pour permettre sa programmation avant la fin du mandat gouvernemental.
Une hausse de 1.000 dirhams très attendue
Le calendrier de l’adoption définitive du décret reste toutefois au centre des préoccupations. La proximité des prochaines échéances électorales et la fin du mandat gouvernemental alimentent les interrogations sur son entrée en vigueur.
La question d’une éventuelle absence de Conseil de gouvernement avant le 23 septembre a également été évoquée lors des discussions avec le ministère. Les représentants de celui-ci auraient assuré que le gouvernement veillera à programmer le décret avant cette échéance.
Dans ce contexte, le syndicat ayant choisi le dialogue estime qu’une grève à ce stade ne permettrait pas nécessairement d’obtenir des avancées supplémentaires pour les fonctionnaires. Il a donc décidé de ne pas rejoindre le mouvement de protestation.
La Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires partage une position similaire. Elle considère que le dossier de l’augmentation salariale a déjà franchi plusieurs étapes administratives et juridiques.
Son secrétaire national rappelle que le décret a été signé par les départements gouvernementaux concernés et qu’il ne reste que son examen par le Conseil de gouvernement. Le report d’une réunion ou l’absence du texte à l’ordre du jour ne signifierait donc pas son abandon.
La hausse pourrait ainsi être programmée lors d’un prochain Conseil de gouvernement, voire durant la prochaine législature, conformément au principe de continuité du service public.
Le responsable syndical affirme par ailleurs que l’augmentation devrait être appliquée avec un effet rétroactif à partir du 1er juillet 2026. Un éventuel retard dans l’adoption définitive du décret ne remettrait donc pas en cause, selon cette position, les droits financiers liés à cette période.
Un front syndical divisé
Cette divergence de positions illustre les tensions qui traversent actuellement le paysage syndical de l’enseignement supérieur. Alors qu’une organisation défend le boycott et l’escalade pour faire pression sur le ministère, d’autres estiment que la poursuite des négociations reste la meilleure option.
Le désaccord a également fragilisé la coordination entre certaines composantes syndicales du secteur. La rentrée universitaire débute ainsi dans un contexte marqué à la fois par les revendications professionnelles, l’attente de la hausse salariale et des positions syndicales de plus en plus divergentes.

